Les poings de Langdon se serrèrent lorsqu’il regarda dans l’abîme. Un sanglot rauque lui échappa.
Bruce comprenait cette douleur.
Ils apercevaient nettement une tache noire sur le pelage du chien déjà raidi, à deux cents pieds au-dessous d’eux.
Il n’y en avait qu’un dans la meute de marqué comme cela, le favori de Langdon.
— C’est ma pauvre Dixie ! souffla-t-il.
Pour la première fois, il se sentit balayé par une vague de colère.
— J’ai plus d’une raison maintenant pour tenir à la peau de ce grizzly, mon vieux Bruce. Des chevaux sauvages ne m’arracheraient pas de cette montagne avant que je l’aie tué. Je resterai jusqu’à l’hiver s’il faut. Je jure que je le tuerai s’il ne se sauve pas !
— Il ne se sauvera pas, sois tranquille ! répartit Bruce un peu sèchement… Et il se remit en marche toujours porteur de Muskwa.
Jusqu’ici, l’ourson avait été trop abruti pour songer à la révolte et il s’était d’ailleurs rendu compte de son impuissance.
Il avait tendu tous ses muscles pour essayer de remuer pied ou patte, mais il était aussi bien ficelé que la momie de Ramsès.