Il lui vint cependant peu à peu à l’esprit qu’il avait encore l’usage de ses dents. Le balancement imprimé par la marche le mettait justement souvent en contact avec la jambe de son ennemi.
Il guetta l’occasion.
Elle vint comme Bruce s’asseyait pour descendre d’un rocher. Une fraction de seconde le corps de Muskwa reposa sur la pierre plate.
Rapide comme l’éclair, il mordit.
Il avait mordu profondément et si, tout à l’heure, la clameur de Langdon avait troublé le silence à un mille à la ronde, celle de Bruce l’excéda cette fois en profondeur et en volume.
Jamais Muskwa n’avait entendu de rugissement aussi épouvantable, l’aboiement des chiens ne l’avait pas terrifié à ce point-là, et il eut si peur qu’il lâcha prise.
Une fois de plus, il fut stupéfait. Les étrangers bipèdes ne prenaient même pas la peine de se venger.
Celui qu’il avait mordu sautillait sur un pied d’une manière extraordinaire en se tenant la fesse.
L’autre, assis sur un rocher, se balançait d’avant en arrière, les mains appuyées sur le ventre, et, la bouche grande ouverte, émettait un bruit étrange et strident.
Le premier cessa bientôt de sautiller et se mit à émettre le même bruit curieux.