Muskwa ne savait pas qu’ils riaient. Mais il se convainquit d’une vérité.
De deux choses l’une : ou bien ces monstres à l’allure grotesque n’osaient pas le combattre, ou bien ils étaient d’un naturel paisible et ne lui voulaient pas de mal.
Bruce et Langdon se montrèrent plus circonspects par la suite et, dès qu’ils eurent atteint la vallée, ils passèrent un fusil dans la poignée de cuir et le portèrent entre eux deux.
L’obscurité était presque tombée lorsqu’ils arrivèrent à un boqueteau de pins.
Un feu rougissait au milieu de la clairière. C’était le premier feu que voyait Muskwa. Il vit aussi ses premiers chevaux, des monstres à l’aspect terrifiant encore beaucoup plus grands que Tyr.
Un troisième homme, Metoosin, l’Indien, sortit du sous-bois et vint à leur rencontre.
Muskwa fut jeté sur le côté et, tandis qu’il était aveuglé par la réverbération du feu, l’un de ses capteurs le tint par les deux oreilles tandis que l’autre lui passait autour du cou une sangle en guise de collier.
A l’anneau de cette sangle fut passée une grosse corde et le bout de cette corde fut attachée à un arbre.
Pendant ces opérations, Muskwa grogna et grinça des dents tant qu’il put.
L’instant d’après, il était délivré de l’étreinte des chemises, et bien qu’il se tînt à grand’peine sur ses pattes engourdies, complètement impuissant à fuir, il montra ses petits crocs et grogna aussi férocement que possible.