— Bruce… tu ne prétends pas que l’ours nous les ait tous tués ?
— J’ai chassé pas mal de grizzlys dans ma vie, répliqua tranquillement le montagnard, mais je n’en ai jamais chassé de plus malin que celui-ci. Jimmy, c’est dans une embuscade qu’il a fait tomber nos chiens, sur la corniche… C’est par ruse qu’il a eu celui-ci sur le pic… Il est parfaitement capable de les acculer dans un coin, et dans ce cas-là…
Il haussa les épaules significativement.
Langdon écouta de nouveau.
— S’il en restait de vivants à la tombée du jour, ils ne tarderont pas à paraître, émit-il. Je regrette maintenant… je regrette de n’avoir pas laissé la meute à la maison.
Bruce éclata d’un rire un peu âpre !
— C’est la fortune de la guerre, Jimmy, dit-il… On ne chasse pas le grizzly avec des chiens d’appartement. Il faut s’attendre tôt ou tard à en perdre. Nous nous sommes attaqués à plus fort que nous, voilà tout ! Il nous a battus.
— Battus !
— Il nous a battus en jouant franc jeu encore ! et nous avons été idiots de risquer les chiens.
Tiens-tu assez à la peau de cet ours pour tâcher de l’avoir à ma façon ?