Langdon fit un geste d’assentiment.
— Quel est ton plan ?
— On ne peut pas toujours employer des moyens très propres, commença Bruce… surtout quand on tombe sur un tueur ! Tu peux être sûr que, jusqu’à l’hivernage, ton grizzly s’arrangera pour avoir le vent en sa faveur… Comment ? Il fera des détours ! Je te parie que, s’il y avait de la neige sur le sol, on découvrirait qu’il revient sur ses pas… tous les deux ou trois milles pour s’assurer qu’il n’est pas suivi… Et il ne se déplacera guère que la nuit… De jour, il se tiendra peinard dans les rochers des cimes.
Si tu tiens à tirer beaucoup… il n’y a plus qu’une chose à faire : avancer et trouver d’autres ours.
— Je m’y refuse absolument… Dis-moi plutôt comment faire pour avoir celui-ci.
Bruce se tut pendant quelques instants avant de répondre.
— Nous sommes fixés sur l’étendue de son domaine. Il commence au premier col que nous avons franchi et se termine à l’endroit où nous sommes entrés dans cette vallée. Une vingtaine de milles aller et retour.
Il ne touche pas aux montagnes à l’ouest de cette vallée-ci, ni aux montagnes à l’est de l’autre. Et il continuera à tourner en cercle tant que nous serons après lui.
Il se dirige présentement vers le Sud, de l’autre côté de la montagne. Nous n’avons qu’à rester tranquilles où nous sommes, sans bouger pendant quelques jours.
Puis nous lancerons Metoosin avec les chiens, s’il en reste, par l’autre vallée là-bas… et nous remonterons celle-ci vers le Sud en même temps.