L’un de nous suivra les pentes, l’autre les bas-fonds et nous irons doucement… T’as compris ?
Ton grizzly ne quittera pas le pays… et Metoosin ne peut guère faire autrement que de le rabattre sur nous en cercle… Nous le laisserons pister la bête. Nous, nous l’attendrons au passage… Ce serait bien rare si l’un de nous ne le voyait pas d’assez près pour lui envoyer un pruneau.
— Ça colle, accepta Langdon… Je me suis d’ailleurs fait une entorse que je ne demande qu’à soigner pendant un temps.
A peine avait-il émis ces mots qu’un hennissement effrayé d’un des chevaux au piquet les fit se lever tous deux.
— Utim ! chuchota Metoosin.
— Tu as raison, les chiens, dit Bruce.
Ils entendirent craquer des branches dans la broussaille autour d’eux et, l’instant d’après, deux des chiens apparurent dans le rayonnement du foyer.
Ils s’avancèrent en hésitant, se traînèrent presque sur le ventre, et, comme ils se prosternaient aux pieds des chasseurs, un troisième et un quatrième les rejoignirent.
Ils ne ressemblaient en rien à la meute qui était partie ce matin-là à la poursuite du grizzly. Leurs flancs étaient creux, leur crête lamentablement plate. Ils étaient à bout de souffle et ils savaient qu’ils étaient battus.
Leur hardiesse s’était évanouie et ils avaient l’apparence de chiens fouettés.