Le quatrième soir, comme il faisait froid et que le temps se gâtait un peu, Langdon eut l’idée d’emmener Muskwa coucher avec lui.

Il s’attendait à quelque résistance.

Mais Muskwa se laissa faire comme un chat et, une fois qu’il se fut bien niché, il ne bougea plus de la nuit.

A en croire Bruce, il était temps de reprendre la poursuite de Tyr, mais ils durent modifier leur plan à cause du genou de Langdon.

L’écrivain était incapable de parcourir plus d’un quart de mille et encore en boitant bas. Et la position qu’il lui fallait prendre lui interdisait de suivre la chasse, même à cheval.

— Il ne perdra rien pour attendre quelques jours, consola Bruce. Si on le laisse tranquille pendant quelque temps, il cessera d’être sur ses gardes !

Les trois jours qui suivirent apportèrent à Langdon profit et plaisir.

Muskwa lui apprenait plus qu’il n’en avait jamais su sur le compte des ours et des oursons ; aussi ne cessait-il pas de prendre des notes.

Les chiens furent attachés à un bouquet d’arbres écarté et Muskwa eut la liberté de se promener dans le camp.

Il ne fit aucune tentative pour s’enfuir et s’aperçut bientôt que Bruce et Metoosin étaient également ses amis.