Au milieu de cette prairie se creusait une combe qu’il n’avait pas vue tout d’abord. Et lorsqu’il arriva sur les lèvres de cette combe, il se laissa tomber soudain à plat sur les mains et demeura immobile comme un roc.
Puis lentement il leva la tête.
A cent mètres de lui, assemblé autour d’un petit trou d’eau, se trouvait un troupeau de chèvres.
Il y en avait trente au plus, biques et chevreaux pour la plupart.
Pendant une demi-heure, il demeura immobile à les observer.
Puis l’une des chèvres se dirigea vers le flanc de la montagne, une autre suivit. Et croyant que toute la bande était sur le point de s’en aller, Langdon se leva rapidement et courut de toutes ses forces dans la direction du trou d’eau.
Pendant un moment, boucs, chèvres et chevreaux furent comme paralysés par sa soudaine apparition.
La plupart lui firent face et demeurèrent sur place, privés, semblait-il, de la force de s’enfuir.
Il avait couvert les trois quarts de la distance lorsque les chèvres reprirent leurs esprits. Ce fut une furieuse bousculade à qui gagnerait la première les flancs de la plus proche montagne.
Les sabots ne tardèrent pas à résonner sur les éboulis rocheux et, pendant une demi-heure, Langdon entendit décroître l’écho de cette fuite précipitée le long des pentes ardoisées.