Il en était curieux ; pourtant, il ne s’était pas mis en quête. La prudence le retenait.
Si Tyr avait eu le pouvoir de distinguer clairement les choses, même à une distance de deux milles, ses yeux ne l’eussent pas renseigné sur l’origine de cette odeur venue, apportée par le vent, des fonds lointains de la vallée.
Il s’était arrêté au bord d’un petit plateau en cuvette creusé au flanc de la montagne, et qui s’évasait, verdoyant, à l’issue d’un col escarpé.
Il se tapissait, ce plateau, — on était au début de juin — d’herbe douce parsemée de fleurs : violettes pâles, myosotis, jacinthes et ancolies sauvages.
Au centre s’étalait une mare de boue liquide où Tyr aimait à patauger toutes les fois que ses pattes lui faisaient mal.
A l’Est, à l’Ouest et au Nord, s’étageaient les hauts contreforts si grandioses des Montagnes Rocheuses, dont la rudesse s’atténuait sous la caresse du soleil.
Du haut en bas de la vallée, des brèches entre les grands pics et des crevasses sinueuses, des éboulis monstrueux, du dessous des neiges éternelles, provenait un murmure berceur. C’était la musique de l’eau.
Les trilles des sources brodaient gaiement sur l’air allègre des ruisseaux, se mêlaient au chœur des cascades.
Dans l’air flottaient de chauds parfums.
Juin et juillet se mariaient, fin de printemps, début d’été ; la terre éclatait de verdure.