Il tourna la tête et gronda dans la direction du cadavre mutilé de son ennemi.
Puis il gronda d’un ton menaçant dans la direction du vent.
Il n’était pas d’humeur à s’enfuir.
A ce moment, si Bruce et Langdon étaient apparus par-dessus la crête, Tyr les eût chargés avec cette obstination féroce que les balles peuvent à peine arrêter et qui a valu à son espèce cette réputation terrible.
Mais la rafale cessa bientôt, et il s’ensuivit une période de calme paisible.
La vallée s’emplissait du ronronnement des eaux courantes, les loirs se répondaient doucement de rochers en rochers.
Des perdrix s’appelaient là-bas dans la prairie verte. Tout ceci apaisa Tyr comme une caresse de femme apaise la colère d’un homme.
Pendant cinq minutes, il continua de gronder et de grogner, mais les grondements et les grognements s’atténuèrent progressivement et il finit par se diriger vers la ravine par laquelle Muskwa et lui étaient descendus précédemment.
Muskwa le suivit sur ses talons.
Les accidents de la ravine ne tardèrent pas à les masquer de la vallée.