« Alors, le ravin ne continue pas vers l’est ? dit-il.

— Non, répliqua Mukoki, faire coude et tourner droit vers le nord.

— Écoutez-moi, mes petits ! déclara Wabi. Si le ravin et le torrent se dirigent au septentrion, ils aboutissent fatalement à la Rivière Albany. Or cette rivière se déverse dans la Baie de Jacques, qui n’est elle-même qu’une des échancrures profondes de la Baie d’Hudson. Cela revient à dire que notre mine d’or nous attend au cœur même du Wilderness, dans sa partie la plus inhospitalière et la plus rude, vers l’extrême Nord canadien. Toutes nos autres suppositions tombent du coup. Atteindre ce point est l’affaire d’une longue et aventureuse, et tout autre expédition, la plus hardie que nous puissions tenter.

— Hourrah ! cria Rod. Hourrah ! Voilà qui n’est pas pour nous effrayer. Ce sera pour le printemps prochain ; n’est-ce pas, Wabi ?

— Topez-là ! C’est entendu.

— Ravin s’élargir au delà des premières cascades, intervint Mukoki, et torrent devenir navigable. Faire canot d’écorce de bouleau et naviguer dedans.

— Encore mieux, alors ! conclut Wabi. Ce sera un voyage magnifique[12]. »

[12] Cette expédition vers la mine d’or est contée dans un autre roman de l’auteur, intitulé : Les Chasseurs d’Or. (Note des Traducteurs.)

Dès le lendemain, Mukoki recommençait à relever ses trappes. Vainement les deux boys lui conseillèrent de se reposer un peu. Il répondit que ses jointures s’ankyloseraient s’il demeurait seulement un jour sans remuer.

CHAPITRE XVI
LA CATASTROPHE