« Lui pas là ! » dit-il, en parlant pour la première fois.
Sur le cadavre il s’inclina à nouveau et, avec un ricanement triomphant :
« Beaucoup mort, celui-là ! » cria-t-il.
Il se mit alors à examiner les empreintes laissées dans la neige. Il constata facilement que les Woongas avaient tourné la cabane, par le bois de cèdres, et s’étaient, de ce côté, rués à l’attaque. D’autres empreintes indiquaient la direction dans laquelle ils étaient repartis. Cinq hommes avaient donné l’assaut. Quatre seulement s’en étaient allés. Le compte était bon.
Mais cela ne disait toujours pas ce qu’était devenu Wabi. S’il avait été capturé par les Woongas et emmené avec eux, il y aurait eu cinq pistes. Rod le comprenait aussi bien que son compagnon.
Pensif, Mukoki renouvela ses recherches dans le bûcher qui commençait à s’éteindre. Mais elles demeurèrent pareillement infructueuses. Ni Wabi n’était mort dans les flammes, ni les Woongas ne l’y avaient jeté, après l’avoir tué. La seule conclusion qui en résultait était que le jeune homme avait lutté, tué un de ses assaillants au cours de la bataille, et que, blessé sans doute, il avait été emporté par les quatre autres. Il fallait, à tout prix, par une poursuite rapide, rejoindre les ravisseurs. Peut-être leur avance n’était-elle que de quelques milles. Si oui, en une heure, ils pouvaient être ralliés.
Mukoki était revenu vers Rod, qui avait machinalement ramassé et mis dans une de ses poches les pépites, et semblait toujours singulièrement abattu.
« Moi suivre et tuer ! dit-il. Suivre vite et tuer beaucoup d’eux ! Vous rester. »
Roderick s’était soudain redressé.
« Tu veux dire, Muki, que nous allons les suivre et les tuer ! Car tu penses bien que je serai de la partie. Montre-moi le chemin ! J’emboîterai le pas derrière toi. »