Ce furent toutes les explications que les deux boys purent obtenir de l’Indien sur l’emploi de sa nuit.
On se mit à table et, à un moment, tandis que Mukoki était allé fermer la porte du poêle, dont la chaleur était excessive, Wabi, poussant Rod du coude, lui dit à mi-voix :
« Vous voyez si j’avais raison. Il a bien été flairer les pistes ! »
Puis, à voix haute :
« Ne penses-tu pas, Muki, que nous devrions nous partager l’ouvrage de cette matinée ? Il me semble qu’il y ait, sauf avis contraire, deux directions dans lesquelles nous pourrions aller poser nos pièges. L’une qui suit, vers l’est, le chaînon rocheux dont cette crique est formée ; l’autre qui va vers le nord, à travers les ondulations de la plaine. Est-ce ton opinion ?
— Bon ! approuva le vieux trappeur. Vous deux aller au nord. Moi suivre la crête. »
Mais Roderick s’exclama vivement :
« Non, non ! Je suivrai la crête avec toi et Wabi prendra la plaine. C’est toi que j’accompagne, Mukoki ! »
Flatté de cette préférence du jeune blanc, Mukoki grimaça, gloussa et se mit à parler, avec plus de volubilité, des divers projets qui avaient germé dans sa tête. Il fut finalement convenu que l’on se retrouverait dans la cabane, assez tôt dans l’après-midi pour pouvoir se reposer avant la nuit, au cours de laquelle l’Indien paraissait persuadé que s’ouvrirait la chasse aux loups.
Rod remarqua que le loup captif n’avait pas eu à manger, ce matin-là, et il en devina facilement la raison.