Quant à sa commisération, quant à sa compassion, il en avait les entrailles tellement pleines qu’après en avoir versé des torrents sur les créatures raisonnables il en prodiguait ensuite aux animaux. Il fit toujours tout ce qui était en son pouvoir pour venir, dans tous leurs besoins, au secours des bêtes.

Souvent, l’hiver, l’excès du froid et l’abondance de la neige mettaient dans la misère les pauvres petits oiseaux. Les frères, qui n’ignoraient pas l’immense bonté et l’immense pitié de Rusbrock, allaient le trouver et lui disaient : « Oh ! notre Père ! voici déjà la neige. Que vont faire les pauvres petits oiseaux ? »

A voir et à entendre de telles choses, Rusbrock souffrait beaucoup ; et sa compassion n’était pas vaine. Il prenait de telles mesures, si efficaces et si opportunes qu’il sauvait la vie aux oiseaux du ciel.

Les avares feraient bien, je crois, de faire attention à son exemple. Ce sont des hommes souffrants qui implorent des hommes opulents, et ceux-ci, qui pourraient facilement secourir, ne le veulent pas.

Un jour, Rusbrock tomba malade. Il eut soif, et demanda de l’eau. Le gardien, qui croyait l’eau dangereuse pour lui, ne voulut pas lui en donner.

Ses lèvres se desséchaient. Il supportait le refus avec patience. Cependant, comme il se sentait menacé : « Père, dit-il au gardien, si tu ne me donnes pas d’eau, je vais mourir. »

Le gardien, dans une épouvante mortelle, fit apporter de l’eau. Rusbrock but, et à l’instant même entra en convalescence.

Rusbrock avait une grâce singulière pour deviner et secourir les nécessités de tous ceux qu’il voyait, sans aucune réflexion préalable. Il devinait et agissait.

Quelquefois il parlait de Dieu aux frères jusqu’à l’heure des prières nocturnes. Mais jamais de la vie un d’eux n’en éprouva la moindre fatigue. Au contraire, quand Rusbrock avait parlé, ils étaient tous fortifiés physiquement et prêts à toute veille.

Le Seigneur Jésus lui apparut plusieurs fois. Il lui apparut un jour avec la Vierge Marie et plusieurs saints. Et Jésus dit, montrant Rusbrock :