—Mon Dieu! qu'avez-vous eu à faire?

—Beaucoup de choses: je ne puis tout me rappeler. J'ai fait une copie du catalogue des livres et tableaux de mon père. J'ai été souvent au jardin avec Mackensie, tâchant de lui faire comprendre quelles sont les plantes d'Élisabeth destinées à lady Russel. J'ai eu mes livres, ma musique à arranger, et à refaire toutes mes malles, pour n'avoir pas compris d'abord ce qu'il fallait emporter. Enfin, j'ai été visiter toutes les maisons de la paroisse. Tout cela prend beaucoup de temps.

—Ah! mais vous ne me parlez pas de notre dîner chez les Pools, hier?

—Vous y êtes donc allée? Je croyais que vous aviez dû y renoncer?

—Oh! j'y suis allée! Je me portais très bien hier. Jusqu'à ce matin je n'étais pas malade; n'y pas aller aurait semblé singulier.

—J'en suis très contente: j'espère que vous vous êtes amusée?

—Pas trop. On sait d'avance le dîner et les personnes qui y seront. Quel ennui de n'avoir pas une voiture à soi! M. et Mme Musgrove m'ont emmenée, et nous étions trop serrés. Ils sont si gros, et occupent tant de place! J'étais entassée au fond avec Henriette et Louisa. Voilà très probablement la cause de mon malaise.»

La patience et la bonne humeur d'Anna apportèrent bientôt un soulagement à Marie, qui put s'asseoir, et espéra pouvoir se lever pour dîner. Puis, oubliant qu'elle était malade, elle alla à l'autre bout de la chambre, arrangea des fleurs, mangea quelque chose et se trouva assez bien pour proposer une petite promenade.

«Où allons-nous? dit-elle: sans doute vous n'irez pas à Great-House avant qu'on vous ait fait visite?

—Mais si, dit Anna; je ne suis pas sur l'étiquette avec les dames Musgrove.