Anna s'informa de Benwick. La figure de Marie se rembrunit aussitôt. Charles se mit à rire:
«Oh! Benwick va très bien, dit Marie; mais c'est un drôle de garçon. Il ne sait ce qu'il veut. Nous lui avons demandé de venir passer quelques jours chez nous; Charles devait l'emmener à la chasse. Il paraissait très content, quand, mardi soir, il donna une singulière excuse: Il ne chassait jamais; on ne l'avait pas compris: il avait promis ceci, puis cela, etc.; enfin il ne venait pas. Il a sans doute craint de s'ennuyer, mais en vérité j'aurais cru que nous étions assez gais au cottage pour le cœur brisé du capitaine Benwick.»
Charles dit en riant:
«Mais, Marie, vous savez bien ce qu'il en est.
»Voici votre œuvre, dit-il à Anna. Il s'imaginait vous trouver ici; quand il a su que vous étiez à une lieue de nous, il n'a pas eu le courage de venir. Voilà la vérité; parole d'honneur.»
Marie laissa tomber la conversation, soit qu'elle ne jugeât pas Benwick digne de prétendre à une miss Elliot, soit qu'elle ne reconnût pas à Anna le pouvoir de rendre Uppercross plus attrayant.
Je laisse ce point à décider au lecteur.
Le bon vouloir d'Anna cependant n'en fut point diminué. Elle dit qu'on la flattait trop, et continua à questionner.
«Oh! il parle de vous dans des termes....»
Marie l'interrompit: