—Les grandeurs fort peu, dit Elinor, mais l'argent beaucoup plus.

—Elinor, est-ce bien vous qui dites cela? s'écria Maria, l'argent ne peut donner le bonheur qu'à ceux qui n'ont pas d'autres moyens d'être heureux. Tout ce qui est au-dessus du nécessaire est inutile, et ne peut donner aucune satisfaction réelle.

—Peut-être, dit en souriant Elinor, nous arriverons au même point; votre nécessaire et ma richesse seront je crois à-peu-près semblables; voyons à combien fixez-vous votre nécessaire?

—A dix-huit cents ou deux mille pièces de revenu, pas plus que cela.

—Elinor rit: deux mille pièces de revenu! je me croirais trop riche avec mille.

—Et cependant deux mille sont un revenu très borné, dit Maria; une famille de gens comme il faut ne peut pas s'entretenir à moins. Je suis sûre qu'il n'y a nulle extravagance dans ma demande; ce qu'il faut de domestiques, une voiture, un caricle, un train de chasse n'exigent pas moins.

—Elinor sourit encore, en la voyant décrire d'avance sa vie de Haute-Combe.

—Un train de chasse! dit Edward, au nom du ciel pourquoi voulez-vous en avoir un? êtes-vous devenue la Diane de ces bois?

—Maria rougit; non.... je ne chasse pas.... mais....

—Ah! j'entends, le possesseur de vos deux mille guinées peut être un chasseur.