—Non.
—Comment payerez-vous les belemchis (bateliers)?
—Ils seront réglés à Amarah par le moutessarref (sous-préfet).
—Montrez-nous des pièces d'or faranguies; nous vous les rendrons.
—Nous n'avons point d'or.
—Vous nous traitez en ennemis.
—Non: en inconnus.»
CHEF DE LA DOUANE TURQUE. (Voyez p. 188.)
Pendant ce colloque les bateliers se sont réveillés. Couper les amarres et s'enfuir, telles sont leurs premières pensées. Nous sommes seuls. J'oubliais le cuisinier, qui ne fait pas trop mauvaise figure, coiffé de sa marmite en guise de salade, sa broche à rôtir dans la main droite. Les nomades s'asseyent et causent à voix basse. Les mots de f'lous (argent), matli (fusil Martini), lebelber (revolver), qu'ils ont appris des soldats turcs d'Amarah, me prouvent qu'il s'agit toujours de nous.