Afin de fixer les émaux trop friables, j'avais eu l'idée de les tremper dans une dissolution de gomme arabique. Une brique, ainsi traitée, a été sauvée d'une perte complète et m'est apparue intacte après six mois de séjour dans la terre.

D'un autre côté, j'entends encore les échos de certaines conversations de cet été:

«Les objets antiques, disait-on, doivent être respectés au point qu'il vaut mieux les laisser perdre que de les toucher.» Meure la France plutôt qu'un principe!

Et quelques jours plus tard:

«Les objets antiques n'appartiennent pas à un pays ou à une génération, mais au monde et à la postérité. Aucune responsabilité ne doit paraître trop lourde quand il s'agit d'en sauver la moindre parcelle.»

Bref, j'ai renoncé au traitement gommique.

Ce n'est pas que les critiques de Paul ou celles de Jacques aient le don de m'émouvoir: quand, plusieurs années durant, on joue sa vie pour une noble cause, on élève son âme et l'on traite avec la plus parfaite insouciance les qu'en dira-t-on.

J'agirais, et l'opération serait déjà parachevée, si j'avais la certitude du succès.

21 décembre.—La maison est close, une haie limite notre enclos; les murs et les toitures de roseaux qui constituent la cuisine et l'atelier de Jean-Marie se dressent ondoyants. Les ouvriers employés à ces travaux d'aménagement ont été ramenés aux fouilles.

La cour rectangulaire comprise entre la salle du trône et les pylônes devait être limitée à l'est et à l'ouest par deux bâtiments, reliés, l'un avec des terrasses et les jardins traversés sans succès par Loftus, l'autre avec les palais du tumulus nº 2, réservés, j'imagine, à l'habitation privée du souverain. Quatre-vingts pelleteurs ou piocheurs ont attaqué l'emplacement hypothétique de l'aile orientale.