La position des nouvelles excavations ouvertes dans le prolongement des tranchées C me semble d'autant mieux choisie que le sol se gonfle d'une manière très apparente entre le pylône et l'apadâna.

Quand je craignais de ne pas revenir à Suse, combien de fois n'ai-je point rêvé de ce point culminant! Pourquoi ne l'avions-nous pas attaqué avant tout autre! Enfin me voici satisfaite.

TRANCHÉE ANNEXE DE LA FOUILLE C.

PUITS ET URNES FUNÉRAIRES.

Le déblayement extérieur des enceintes se continue avec succès. On avait profondément sapé un mur voisin de la chemise de gravier; il s'éboula, roula dans une crevasse, et mit à nu la coupe idéale d'un caveau funéraire et du puits qui y conduit. A l'est comme à l'ouest les fortifications servirent de cimetière aux Parthes. L'orifice du puits apparaît à quarante centimètres environ au-dessous du sol actuel; le conduit, bouché avec de la terre et des poteries pulvérisées, aboutit à un tunnel foré dans le mur de brique; les urnes, plus ou moins fêlées et pleines de terre, sont debout.

Le mortier de glaise qui les unit est dur, compact; la pioche seule le désagrège.

Quatre urnes ont été dégagées, mais derrière elles on en voit d'autres. Deux de nos meilleurs ouvriers, Agha (Maître) et Barouni (Pluvieux), ainsi nommé parce qu'il vit le jour sous un arbre par un grand abat d'eau, commenceront dès demain le déblayement du cimetière, à moins que le nom du terrassier ne nous porte malheur. Le temps se couvre, le ciel est sombre, pourtant le vent du golfe Persique, convoyeur ordinaire des nuages, ne souffle pas.

22 décembre.—A peine arrivions-nous à Suse, que Cheikh Mohammed Taher, le digne mollah à qui nous dûmes jadis d'échapper à la lapidation, nous écrivait une lettre affectueuse. Elle était confiée au soin d'un grand bonhomme, d'honnête figure, coiffé d'un turban volumineux et nommé, depuis peu, deuxième motavelli ou régisseur suppléant des biens vakfs de Daniel.