Forcés de suivre les troupeaux, les Arabes déposent leurs approvisionnements de grains sous l'égide d'un saint et confient à un arbre les instruments aratoires de la tribu devenus inutiles après les semailles.

Elle est bien parente de cette coutume celle qui faisait de nos églises un inviolable dépôt.

Une différence pourtant, et toute à l'honneur des nomades: les temples chrétiens étaient gardés le jour, fermés la nuit; ici portes et verrous sont inutiles.

Le souvenir d'un homme vertueux, le respect qu'inspire sa mémoire suffisent pour défendre la fortune de l'Arabe contre les brigands audacieux qui ne se prévalent pas comme nous de théories idéales sur la propriété et le vol.

12 février.—Voici en substance la réponse de Mozaffer el Molk à la lettre de Marcel:

«Les objets découverts à Suse doivent y demeurer; tels sont les ordres de Téhéran, tel est le motif de l'interdiction faite aux muletiers et aux nomades de louer des bêtes de somme aux chrétiens.»

L'ARBRE AUX CHARRUES. (Voyez p. 320.)

Marcel a riposté courrier par courrier:

«Le gouvernement français est légitime possesseur de la moitié des objets extraits des tumulus. Je demande le partage immédiat, et rendrai le gouverneur personnellement responsable, si par sa faute les transports ne sont pas achevés au moment du pèlerinage.»