—Un seul.
—Croyez-vous qu'Aïssa (Jésus) soit Dieu?
—Oui.
—Alors vous croyez en plusieurs dieux, puisque au temps où Aïssa était sur la terre, vous aviez encore un Dieu dans le ciel. Dieu est-il omniscient?
—Certainement.
—Êtes-vous fataliste?
—Non!
—Pourquoi?
—Parce que la tendance à ne voir dans l'histoire du monde que la réalisation des prévisions inscrites de toute éternité sur le grand livre divin enlève à l'homme le sentiment de sa responsabilité, de ses devoirs sociaux et fournit le meilleur des prétextes à sa paresse naturelle. Si vous n'étiez fatalistes, laisseriez-vous périr les œuvres de vos ancêtres? Ne répareriez-vous pas les digues et les canaux qui sillonnaient jadis la fertile Susiane et dont vous avez, depuis l'hégire, confié l'entretien à la bonne volonté d'Allah?
—Comment conciliez-vous la prescience divine et le libre arbitre?