—Dieu, dirais-je avec les Moutazelites[4], n'aime pas le mal; il n'est pas l'auteur des actions humaines; les hommes pratiquent le bien qui leur est ordonné, ils évitent le mal qu'il leur est défendu de faire, à l'aide d'un pouvoir que Dieu leur accorda et qu'il a incarné en eux. Il n'ordonne que ce qui lui plaît; il ne défend que ce qui lui est odieux. Toute œuvre bonne émane de lui; mais il n'est pour rien dans les mauvaises actions défendues par lui. Il n'impose pas à ses adorateurs un fardeau au-dessus de leurs forces, et ne leur demande que ce qu'ils peuvent donner. La faculté de faire ou de ne pas faire n'existe chez eux qu'en vertu de cette puissance que Dieu leur a communiquée, qu'il possède exclusivement, qu'il anéantit ou qu'il maintient suivant sa volonté. Il aurait, s'il l'eût voulu, contraint l'homme à lui obéir; il l'aurait préservé nécessairement de tout acte de désobéissance; il pouvait le faire, et s'il ne l'a pas voulu, c'est afin de ne pas supprimer les épreuves et les tentations auxquelles l'homme est assujetti.»
[4] Secte religieuse très puissante sous le règne de Yazir, khalife de Bagdad, mort l'an 126 de l'hégire.
Et la controverse continue sans acrimonie ni violence, mais avec une logique d'autant plus fastidieuse qu'on ne peut, en dernier ressort, arguer de l'axiome fondamental du catéchisme: «Un mystère est un fait que nous ne pouvons pas comprendre, mais que l'Église nous ordonne de croire.»
La discussion se termine, à la grande joie de Marcel; s'il a tenu haut et ferme le drapeau de la chrétienté, c'est grâce aux leçons de théologie musulmane que lui donna jadis le P. Pascal, supérieur des Mékitaristes d'Ispahan.
Malgré ce succès, notre avocat a quitté la maison du seïd avec l'intention bien formelle de ne pas s'exposer à un nouvel assaut.
DAMES DE CHOUSTER. (Voyez p. 63.)
JUMENT DE L'HEDJAZ. (Voyez p. 72.)