—Non certes; mais votre correspondance n'arrivera pas à destination. Les Arabes la jetteront dans le hor (marais) et garderont l'argent que vous leur avez remis.
—J'ai prévu cette fâcheuse éventualité. Avez-vous apporté les fonds déposés chez le naïeb el houkoumet?
—Par ordre de Mozaffer el Molk on ne vous remettra plus un kran, que vous ne m'ayez confié le reçu de Malcolm Khan et la délégation de Zellè Sultan.»
Le piège est trop grossier. Sans le moindre embarras, le vénérable Abdoul-Raïm réclame les seuls titres qui témoignent de nos droits. Comme la dépêche du prince autorise gracieusement le chef de la mission française à demander une somme supérieure au dépôt, le naïeb el houkoumet et son complice ne se contenteraient pas de confisquer nos titres, mais les utiliseraient pour lever sur les marchands de Dizfoul une grosse contribution, qu'ils s'empresseraient de placer à intérêts usuraires.
MIRZA TAGUY.
«Vous, le naïeb et le gouverneur avez lu et copié les ordres de Zellè Sultan; les originaux ne sortiront pas de ma tente avant parfait payement des sommes dues à la mission.
—Vous doutez de ma parole! Voulez-vous voir la lettre de Son Excellence?
—C'est inutile: ne m'avez-vous pas confié autrefois que vous aviez en votre possession du papier timbré au sceau de Mozaffer el Molk? A part les communications qui me seront adressées en français, par l'intermédiaire du docteur Moustapha, je ne tiendrai compte d'aucune dépêche.»
17 avril.—Un des casseds envoyés à Amarah est rentré dans sa tribu. Il a perdu nos lettres en franchissant le hor, comme le prévoyait trop bien le mirza, et, avec nos lettres, son camarade, dont il ne peut donner aucune nouvelle.