—Les femmes les plus sages de la famille ne sont-elles point là et n'arrangeront-elles pas tout pour le mieux?
—Mais si ces enfants s'aperçoivent après leur mariage qu'ils ne se plaisent pas?
—Ils divorceront et se remarieront chacun de leur côté. Approche-toi, Ali; la khanoum, j'en suis persuadée, croit que tu ne sais pas lire; prends l'almanach qui est posé sur le takhtchè, et fais-nous connaître les prescriptions du jour.
—Aujourd'hui il est bon et agréable de recevoir des amis; leur présence portera bonheur.»
Cette gracieuse attention de Fatma est d'un caractère bien persan.
«Apprend-on à lire aux enfants dans l'almanach?
—Non, dans le Koran; mais il est aussi très utile de leur apprendre à se servir du calendrier.
—Quelques parties de cet ouvrage m'ont paru traitées avec une extrême licence de langage et donnent, en outre, des conseils peu appropriés à l'âge de vos enfants.»
Toutes les femmes me regardent avec étonnement, puis éclatent de rire.
«Que voulez-vous dire? me répond l'une d'elles. Les garçons se marieront, les filles seront enfermées: quelle nécessité voyez-vous à les priver les uns et les autres d'une lecture si nécessaire pour agir en toute circonstance dans des conditions de chance indiscutables?