Un fait nouveau tendrait à prouver l'exactitude de ce raisonnement: une personne placée en D, à la base de l'arcature, reçoit dans le dos, pendant toute la durée de l'expérience, des chocs semblables à ceux qu'elle percevrait si l'on ébranlait à coups de bélier la paroi extérieure de la muraille.
PUITS D'ARROSAGE A LA MONTÉE.
Ce phénomène ne se produirait pas si, au lieu d'osciller autour de leur axe, les tours étaient soumises à un mouvement de translation verticale.
Dans ce dernier cas il n'y aurait pas seulement des fissures en M et en N, mais des lézardes horizontales, divisant en deux tronçons le fût cylindrique des minarets. Or il est facile de vérifier que leur maçonnerie n'est interrompue en aucun point.
Nous nous remettons en selle et, sous la conduite du P. Pascal, nous arrivons en moins d'un quart d'heure au palais de Coladoun, bâti au milieu de la plaine d'Ispahan, dans une situation ravissante.
Des arbres touffus, des eaux vives, un beau tapis de verdure, n'est-ce pas la réalisation des rêves d'un Oriental? C'est ce que pensait sans doute, en édifiant sa demeure, le dernier propriétaire du palais, obligé de quitter le pays, il y a deux ans à peine, pour se rendre en pèlerinage à la Mecque, sur un ordre du prince Zellè sultan.
Le roi et son fils imposent à leurs sujets l'accomplissement de ce pieux devoir toutes les fois qu'ils veulent se débarrasser d'un personnage gênant par son influence, ou d'un fonctionnaire dont la fortune est hors de proportion avec les bénéfices licites ou illicites que tolèrent les habitudes très larges du pays.
Il est de tradition que les pèlerins partis sur l'ordre du souverain ne reviennent guère des lieux saints: les fatigues d'un long voyage expliquent le trépas inopiné de ces dévots malgré eux.
Le propriétaire de Coladoun n'a pas eu un sort exceptionnel: six mois après son départ, la nouvelle de son décès est arrivée à Ispahan. Allah ait pitié de son âme! il est mort sur le chemin du salut. Mais que sont devenus ses héritiers naturels, ses femmes et ses enfants?