CONTEUR PERSAN.
«—Je ne saurais douter de mon malheur.
«—En ce cas, prends ce flacon d'huile parfumée, remets-le à ta femme et recommande-lui de le garder précieusement pour ton usage.»
«Le soir même le roi ordonna à ses gardes de surveiller la maison de l'orfèvre, de flairer tous les hommes qui en sortiraient et de lui amener celui qui sentirait la rose.
«La nuit venue, l'amant se faufila chez sa belle. «Mon mari, lui dit-elle dès qu'il fut entré, m'a apporté un flacon d'huile délicieusement parfumée; personne n'est plus digne que toi d'en user», et elle lui en arrosa la barbe et les cheveux.
«Au sortir de la maison, l'heureux mortel, signalé aux gardes par les vapeurs odorantes qui l'enveloppaient, fut pris et conduit au palais. «Voilà l'amant de ta femme, dit le roi à l'orfèvre; fais-en à ta guise: il est à ta disposition.»
«—Mon cheval est malencontreusement tombé la semaine passée et s'est cassé la jambe, disait ces jours derniers un marchand d'Ispahan à un de ses confrères fort gêné dans ses affaires: vends-moi ta jument, je t'en offre quarante tomans.
«—Donne-m'en quarante-cinq, et l'affaire est conclue.
«—J'y consens.