— Castor est en arrêt. Oui !… Victorin !
— Fla ! fla ! fla ! A tu, Arnet.
La bécasse traversait le bois… D’éclaircie en éclaircie, le chasseur la guette. Elle, la rusée, fait tourner sa tête pour voir, avec son œil de côté, si elle est bien parvenue à mettre et à conserver, entre elle et l’ennemi, l’obstacle protecteur d’un arbre… Penche à gauche ! penche à droite !… Le coup part. Trop loin, mon homme !… mais j’ai vu la remise !… Pan-pan est en arrêt, cette fois… Fla ! fla ! fla ! Poum ! Elle y est !…
— C’est joli, pour un chien, dit Victorin, ce nom de Pan-pan, c’est-à-dire, je pense, Coup-double.
— Ce fut le nom d’un chien de M. le Président de la République Fallières, dit Arnet ; et M. Fallières a dit un jour à M. Jean d’Auriol qu’il l’avait pris, ce nom, dans l’histoire de Maurin des Maures.
— C’est donc un nom deux fois célèbre, dit Victorin.
Ils devisaient ainsi.
Leurs estomacs annonçaient les approches de midi.
— Les champignons, c’est bon et ça se vend bien, dit Arnet, mais six bécasses que tu as et sept que j’en ai, à trois francs pièce, au moins, vendues au Luc ou à Gonfaron, ça fait bien dans les quarante francs, capoundédisqui !
A midi, tous, chasseurs et chercheurs de pignets, se réunirent. On déjeuna sur le pouce, à l’abri d’un grand roucas ensoleillé, bien au chaud, comme par un matin d’été, au bord du chemin, près de la carriole et du cheval qui, attaché à un suve, mangeait l’avoine.