A chacun d’eux, il semblait que chacun des autres en saurait, en dirait plus long que tous les autres ; ou, du moins, trouverait la réflexion consolante, imprévue, heureuse. Hélas, non !… Mais on se taisait ensemble, côte à côte, et cela déjà était bon.

— Eh bien, dit le maire, que pensez-vous de ce qui se passe, maître Augias ?

— Oui ? dit M. le curé, qu’en pensez-vous, Monsieur Augias ?

L’homme de prière interrogeait le laïque sur le sujet de haine et de mort, dont il se sentait trop éloigné pour être sûr de ses propres idées.

Est-ce que la loi de Moïse ne dit pas : « Tu ne tueras point » ? Et celle de Jésus : « Aimez-vous » ?

M. Augias avait beaucoup lu et réfléchi. Il répéta :

— Si cette chose terrible arrive, il faudra peut-être s’en réjouir.

— Oh ! fit Arnet, — dans le moment que ces messieurs entraient, vous veniez de me parler ainsi, et ça m’étonne beaucoup. Je ne comprends pas la raison pourquoi.

— Expliquez-vous, Monsieur Augias, dit le maire.

Maître Augias se recueillit ; son cœur le fit éloquent :