Le jeune et beau leveur de liège,

Par les bûcherons écouté,

Apprit l’art du chant sans solfège,

Comme les cigales d’été.

Et tous se levèrent pour reprendre le travail.

— En font-elles un ramadan, ces cigales ! dit le vieux.

Un autre répondit :

— C’est bien vrai qu’on dirait un bruit de branches sèches, qui s’allument seules par l’effet de la grosse chaleur.

Ramadan, ce mot, qui signifie, en provençal, tapage et rumeur, est, parmi tant d’autres, un des vestiges du passage des Maures dans la région du Var. A l’époque de leur ramadan, et surtout quand il prenait fin, les camps mauresques bruissaient de prières chantantes, comme les bois d’été pleins de cigales.

— Des cigales, dit Martine à Victorin, j’en ai promis une à mon petit filleul.