A Victorin, le vieux rusquier cria :
— Viens-tu, capitaine ?
— Un moment, répondit Victorin. J’ai des affaires.
L’équipe des rusquiers s’en allait à travers les hautes fougères.
— Elles sont hautes dans les branches, les cigales, dit Martine. Comment vas-tu faire ?
— Tu vas voir, petite, répondit-il, rappelle-toi comme nous faisions, étant petits.
A quelque distance, au bord d’une mare, à l’orée du bois, de grands roseaux se balançaient ; Victorin coupa l’un des plus hauts et revint vers Martine, tout en le dépouillant de ses longs rubans onduleux.
— Je comprends, dit Martine, mais c’est une chance d’avoir trouvé un roseau ici.
— Une chance ! se récria Victorin. Je connais aussi bien chaque pierre et chaque buisson du terradou qu’une ménagère les écuelles de sa cuisine.
Le roseau était dépouillé.