Il marmonnait, semblant se parler à lui-même ; c’est qu’il songeait à son fils ; et il soupira profondément.
Il conclut enfin :
— Et si l’on parle de ces choses aux enfants, c’est sans y mettre l’émotion qu’il faut, sans essayer d’en faire comprendre l’esprit, l’importance véritablement sacrée. Victorin, fit-il brusquement, pourquoi ne veux-tu pas suivre les conseils de ton père ?
Victorin fronça le sourcil ; et, bien qu’il eût compris, il répliqua :
— Quels conseils ?
— Il ne veut pas d’Arlette pour sa bru.
— Et moi, dit Victorin avec fermeté, je la veux pour ma femme. C’est mon affaire, je pense.
Le conflit s’affirmait fortement. La lutte était déclarée entre les deux droits, le droit moral du père et le droit légal du fils.
— Tu défends ton plaisir et ton père défend tes intérêts, voilà la différence ; tu défends ton plaisir du moment, et ton père, le bonheur de toute ta vie.
— Mon père défend son caprice. J’épouserai Arlette, c’est mon droit ; mon père ne peut pas m’empêcher d’aimer qui j’aime.