Pour avoir du vin.
Et tous en chœur, chantant et riant :
Planterons des souches,
Marcottes ferons,
Les hommes, les femmes
Tout pur le boiront.
Et tous de crier :
— Bravo, Toinet !
— Tu ne chantes pas, Arlette ? cria Toinet content de son succès et enhardi par l’approbation unanime. A quoi penses-tu donc, petite ? Elle a des distractions, voyez, à moins qu’elle le fasse exprès de laisser derrière elle au moins trois grappes à une souche ! C’est pour te faire embrasser, mâtine ? Eh bien, ce sera par moi, que tu le veuilles ou non ! Les raisins laissés à la souche, c’est l’escavène à l’hameçon, le piège d’amour, friponne ! Attends-moi, j’arrive !
Il s’élançait. On riait. Arlette, qui sentait en ce garçon un ennemi véritable, voulut le fuir. La moustouïre est, à l’ordinaire, lutte d’amour ; elle allait être, ici, sous son apparence d’amoureuse gaieté, une lutte haineuse. Toinet avait arrêté Arlette par sa jupe, qui craqua.