Cette bague, c’est le signe de mon alliance avec l’âme arabe. Pendant que je la glissais à mon doigt, j’évoquais une forme entrevue dans une villa mauresque, à la grille d’une fenêtre, une tête fine, curieuse, aux grands yeux doux, bien noirs et luisants d’une vive étincelle, et je nommais en mon souvenir la Kheïra du poète Bib-el-Thebib, et je me croyais son fiancé, dans l’étincelante demeure du Rêve, où les jours sont des nuits constellées de flambeaux, embaumées de fleurs, pleines de chansons.

« Les étoiles m’illuminent, les fleurs m’embaument, les chansons me bercent. »

Sur l’or de cette bague, je ferai graver une date, celle d’aujourd’hui : 16 mai 1888.


L’âme arabe dit :

Tu ne seras vraiment charitable et pieux

Qu’après avoir donné ce qui te plaît le mieux.

Elle a dit :

Un nom obscur, mais pur, est glorieux dans l’ombre.

Elle a dit :