Très inquiète, Mademoiselle Déperrier glissa la clef dans la serrure. Mais le vieux avait installé la chaîne de sûreté. La porte ne put que s’entre-bâiller. Il fallut sonner, Pinchard accourut, regarda, et ne vit qu’elle :

— Ah ! c’est toi ! fit-il.

Elle suffoquait, mais n’en laissa rien voir ; et pour que le comte Paul ne pût imaginer, ni maintenant ni plus tard, qu’elle avait été ennuyée de cette familiarité trahie en sa présence, elle tourna vers lui son visage, et se montrant de face, en pleine lumière, elle lui dit :

— Si vous saviez ! quelle touchante histoire, celle de cet humble serviteur !… Je vous la conterai.

Le comte Paul n’avait été que surpris, pas trop. Il avait cru d’abord à quelque parenté avec ce vieux, malpropre, dont le visage glabre, aux rides compliquées, apparaissait dans l’entre-bâillement de la porte.

Dès qu’il fut assis, au salon :

— Pardonnez-moi. Je vais voir comment va ma mère.

Elle y alla. Et la mère et la fille échangèrent à voix basse quelques paroles maussades :

— Tu viens bien tard !

— Dame ! quand je peux. Comment vas-tu ?