Paul avait exprimé à sa mère le désir de célébrer son mariage sans éclat. Il répugnait aux publicités qu’on donne à cette cérémonie. La comtesse, au contraire, pensa que, dans le cas présent, la jeune fille, presque sans famille, se mariant loin de chez elle contre l’habitude, il fallait l’imposer, ne pas avoir l’air de se cacher ; et, précisément parce qu’on était dans l’isolement de la campagne, elle désira convier le plus de monde possible. « Il n’y en aura jamais assez. »

Les choses furent ainsi faites.

Trois jours avant le mariage, Monsieur et Madame de Ruynet, que Mademoiselle Déperrier avait invités pour bien montrer qu’elle avait des amis titrés, étaient accourus de Paris. La marquise de Jousseran rendit à Marie un dernier service en venant à Hyères, exprès pour elle cette fois. Lérin de la Berne accourut aussi, pour se payer, disait-il, la tête des deux conjoints.

Quant à Léon Terral, qui apprit la nouvelle par les journaux, il demanda quatre jours de permission, et débarqua à Hyères avant de s’être interrogé sur ce qu’il venait faire, étonné de voir si près de se réaliser un projet pourtant bien connu de lui. Marie ne lui avait rien dissimulé. Alors, de quoi avait-il à se plaindre ? Avait-il protesté ? Non. Mais à présent que l’évènement était là, devant lui, inévitable, il n’en prenait plus son parti.

La veille du grand jour, Berthe, très surexcitée, vint voir Marie, à Aiguebelle.

— Tu ne sais pas ?

— Quoi ?

— Léon est ici !

— En vérité ?

— Tu prends cela avec ce calme ?