Non loin, la gloriette, enguirlandée, elle aussi, de roses grimpantes, élevait son architecture de petit temple antique. Un peu plus loin, s’arrondissait un bassin que l’eau des pluies avait empli jusqu’au bord. Au centre du bassin s’élevait une statuette de marbre : l’Amour, ajustant à son arc une flèche, semblait menacer un faune cornu, enfoui dans les genêts voisins.
Les genêts étaient en fleurs, et, de leurs touffes d’or, s’élevait une amoureuse odeur, puissante, qui flottait sur le parc tout entier.
Tout au fond de ce décor, digne de Watteau et de Chaulieu, les ruines du château abandonné ne montraient, à travers les feuillages aux verdures de tons différents, que des blancheurs dorées par un soleil d’après-midi.
Gaspard reprit son livre :
Profitons de la vie ;
Et qui sait, ma Silvie,
Si nous serons demain ?
Flon ! flon !
Il souriait, non sans mélancolie, à des visions fort galantes, lorsqu’il vit venir à lui, toute courante et comme effrayée, une jeune dame qu’il était facile de reconnaître pour une personne de qualité. Il se leva…
— Ah ! monsieur ! lui dit-elle, haletante, en paroles précipitées. Ah ! monsieur ! Dieu vous envoie ! Figurez-vous… mais ne suis-je pas poursuivie ?… Qu’importe, puisque vous voici !… Un gentilhomme ne permettra pas qu’il me soit fait affront…