Gaspard à son tour s’inclina devant l’évêque avec respect ; et comme, au moment de quitter la salle, il se retournait pour le saluer une fois encore, il le vit s’agenouiller dans l’épaisse poussière du parquet, aux pieds du haut crucifix, et s’abîmer dans une prière infinie.


Le soir de ce même jour, Gaspard, cherchant Pablo dans tous les recoins du parc, devait le trouver ivre-mort, comme un veuf désespéré qui cherche l’oubli. Dans un sommeil agité, le malheureux murmurait encore : « Qu’avez-vous fait de mon Dieu ? Qu’avez-vous fait de mon Dieu ?… Où l’avez-vous mis ? »

CHAPITRE XVII

Le diable se sert subtilement d’un innocent évêque pour encourager un amour profane ; et Gaspard, avec la femme qu’il aime, contemple les pierres, encore vivantes, sur lesquelles s’élevait autrefois l’Arc de Triomphe de Marius.

L’évêque priait toujours, douloureusement, lorsque son propre serviteur vint prévenir que ses chevaux étaient mis. Il se hâta de le suivre et de monter dans son carrosse ; mais, au milieu du rond-point, le cocher dut arrêter.

Le prélat, cherchant à se rendre compte de l’obstacle, vit, à quelque distance, une troupe nombreuse de paysans, hommes et femmes, qui entouraient Gaspard d’un air joyeux.

Gaspard les quitta, dès qu’il aperçut l’évêque ; et, chapeau bas, lui vint expliquer que ces bonnes gens apportaient au camp, de temps à autre, des tributs volontaires, en nature, des légumes, des volailles, des fruits.

— Regardez là-bas, Monseigneur ; ces corbeilles fleuries ! Eh bien, sous les fleurs, j’ai parfois trouvé plus d’un lourd sac d’écus. Soyez assez bon pour ne pas oublier que tout n’est pas, ici, le produit d’actes illégitimes.

Les paysannes semblaient se consulter… Gaspard leur fit un signe. Elles s’approchèrent, et offrirent respectueusement au prélat une gerbe de fleurs.