— Certes ! il me plairait seulement d’épargner au représentant du lieutenant de police le ridicule de cette mystification. Ne serait-il pas piquant que la police me dût quelque remerciement ?

— Comment vous y prendrez-vous ?

— Je ne sais pas encore de quelle façon je m’y prendrai, mais cela se trouvera.

— Faites donc ! dit-elle, et sauvez Paulac !… Le roi lui-même ne pourra que vous en savoir bon gré.

Puisque l’espièglerie amuse ma belle amie, pensait Gaspard, voici une occasion incomparable de lui servir un régal de ma façon.


Averti comme il l’était, de la brimade préparée contre l’envoyé de la police, il ne fut pas difficile à Gaspard d’apprendre l’arrivée de ce Paulac à Draguignan où il venait faire une enquête, un peu tardive, sur l’évasion du « terrible bandit ». De Draguignan, M. de Paulac se rendrait à Aix, par Lorgues et Brignoles. Gaspard avait appris l’itinéraire du gentilhomme par les lettres mêmes que ce Paulac avait adressées aux syndics pour les informer de son passage, et se faire préparer des repas. Arrêter les courriers et prendre connaissance des lettres adressées à ses ennemis, cela, de tout temps, fut un jeu pour un capitaine, en temps de guerre.


Un beau matin, une large berline entrait dans le parc de Vaulabelle, escortée copieusement par des bandits armés, et commandés par Sanplan.

M. de Paulac, accompagné de son secrétaire assis auprès de lui, — et de son majordome assis sur le siège, à côté du cocher, — était capturé par celui qu’il avait espéré faire prendre.