— Vous m’ennuyez ! dit Marin… Si vous faites une comédie meilleure, je m’engage à la jouer ; — ce disant, je ne cours aucun risque. Vous trouveriez des puces dans la perruque de feu Poquelin. Parlons d’autre chose… Çà, l’enseigne ?… l’enseigne est-elle peinte ?

Deux grands laquais entrèrent, portant un vaste cadre de bois, armature d’une grande enseigne. On avait peint sur toile ces mots, en majuscules énormes :

HOTEL DES MARINS

Les valets passèrent sur le balcon, y accrochèrent l’enseigne, et mirent, derrière, deux ou trois lanternes toutes prêtes à être allumées… La nuit se faisait… on les alluma sur-le-champ ; — et partout flamboyèrent bientôt lustres et candélabres.

Alors, Marin se tournant vers le comte :

— Voyons, Pasquin ou Frontin, essaie-toi dans ton nouvel office ; donne la main aux laquais.

Mais le comte, inhabitué à recevoir de tels ordres, n’était pas du tout à son rôle.

— Mordieu, Frontin, fieffé Jocrisse ! si tu montres pareille négligence, je ne saurais te garder à mon service !… Mais voyez-moi ce dadais-là ! ce visage de « ravi de la crèche » ! C’est à toi, mon cher comte, que ces compliments s’adressent.

Le cher comte eut l’air d’un homme qu’on va pendre et qu’on réveille :

— Oh ! pardon ! fit-il, avec une mine si ahurie que tous les assistants s’esclaffèrent.