L’autre, toujours criant, répétait : « C’est ma femme ! »
— Vous ne saurez jamais, mon cher comte, à quel point je le regrette.
— Il est un peu sourd, fit observer quelqu’un.
— Et quand ce serait une Lisette pour de bon, cria Marin, faut-il que tu sois vieilli pour ne te point contenir en public et pour nous montrer si effrontément ta pauvre flamme de lanterne sourde ? C’est égal, elle est joliment bien déguisée, notre Lisette, hein ? L’épreuve est faite et j’en suis ravi, tout à fait ravi.
— Pas moi, s’écria Frontin. Cette fête commence assez mal.
— Que vous faut-il de plus ? s’exclama le joyeux président… Ce qui est drôle, mon cher, c’est que, grâce à nos déguisements, tu aies pu, nous ayons pu, voir ce que tu n’aurais jamais vu si nous n’étions pas déguisés.
— Comment l’entendez-vous ? demanda Frontin vexé.
— Mieux que vous, Jocrisse ! goguenarda Marin, au milieu de l’éclat de rire général.
— Qu’a-t-il voulu dire ? demanda le comte effaré.
— Que, si vous n’étiez pas déguisé, on ne tenterait pas de vous faire cocu sous vos propres yeux.