— Oh !

— Vois-tu, mon cher comte, dit Marin, je n’aime pas qu’on soit sottement sérieux, sans jamais se détendre dans la gaîté, — à la façon de Leteur et La Trébourine, ici présents. Je prétends qu’un Français doit être d’humeur gouailleuse, cavalière, impertinente ; qu’il cite Rabelais ; qu’il rie avec Molière ; et nous serons bien près d’être un peuple sur ses fins, quand nous ne lirons plus les contes de La Fontaine et les gaudrioles de Parny.

Là-dessus, Marin sortit.

— Moi, ce Marin m’enchante, assura quelqu’un.

— Oui, mais, insinua Leteur, si ce Paulac n’aime pas qu’on se moque de lui, il pourrait bien faire tourner les choses au désavantage du président galégeur. Eh ! eh, si ce Paulac va se plaindre auprès du Roi…

— Faites attention, messieurs, acheva La Trébourine, qu’un président de Parlement, ça se dépose… Et, pour ma part, je regrette d’être venu, et d’être pour quelque chose dans cette vaste et stupide plaisanterie.

— Bah ! vous êtes malin, et vous vous en tirerez toujours, La Trébourine ! et vous aussi, Leteur !… avec un peu de perfidie !…

— Quant à Marin, ne craignez rien pour lui ! il désarmerait le roi lui-même, avec un bon mot !

A ce moment, la voix retentissante du vicomte, portier, hallebardier, valet de distinction, annonça :

— Madame la marquise de La Gaillarde.