— M. le marquis de Paulac.
Marin se précipita vers le marquis, s’inclina très bas, avec une obséquiosité exagérée ; puis, se redressant, il demeura dans une posture de respect.
Sanplan et Bernard prirent une attitude conforme, et gardèrent le silence.
Gaspard de Besse, devenu Monsieur de Paulac, promenait sur l’assemblée un regard inquisiteur…
CHAPITRE XXI
M. de Paulac, ayant pris des libertés avec les soubrettes, et aussi avec les conseillers au Parlement, proteste contre l’engoûment que montrent les femmes du beau monde en faveur du bandit Gaspard.
Depuis que le valet de chambre, à Lizerolles, l’avait accommodé une première fois, Gaspard ne portait plus moustache ; et il était coiffé d’une élégante perruque. Le Parlement ne possédait de lui qu’un signalement de vieille date.
De plus, M. de Paulac étant un homme de trente-cinq ans environ, et bien qu’il parût, d’après les lettres interceptées, ne pas être connu à Aix, Gaspard, en bon acteur, et conseillé par son comédien Jean Lecor, avait pris la précaution de se vieillir légèrement. Au moyen du crayon, il avait indiqué, aux coins des lèvres et du nez, l’ombre d’une ombre de ride.
Par-dessus tout, il se donnait l’air autoritaire d’un chef de police qui connaît son importance ; et il avait adopté une façon tout à fait déconcertante de fermer les yeux à demi pour regarder les gens, ne laissant glisser, entre ses paupières rapprochées, qu’une partie de son regard aigu et ainsi masqué.