— C’est fini ! du courage, Frontin, mon ami !
— Vertubleu ! s’exclamait Gaspard, voilà bien l’esprit nouveau ! Le dernier des laquais affiche son impertinence, et ne sait plus souffrir qu’un bon gentilhomme lutine sa femme ! C’est intolérable ! Il est donc vrai qu’une abominable révolte couve au cœur des peuples ! Je vois avec chagrin grandir ce mal incroyable !
Et comme on l’entourait pour le mieux écouter :
— Vous rappelez-vous qu’un Voltaire, par trop… libertin, voyait dans Mandrin… un héros ! Est-il étonnant, après cela, que votre peuple de Provence aime et favorise un Gaspard de Besse !
— C’est bien vrai ! approuva La Trébourine.
Alors Marin, penché à l’oreille de M. de Paulac :
— Entre nous, tout à fait entre nous, M. de Voltaire n’avait pas tort, et notre Gaspard a du bon.
A ce mot, Gaspard, feignant l’indignation, se retourna contre Marin, avec un mouvement de jambe qui menaçait le président-cuisinier d’un châtiment pareil à celui dont gémissait Frontin.
— Tu dis, coquin ? s’exclama Gaspard.
Marin insista, courageusement :