Il n’en lut, à voix haute, que le début :
« Je déclare avoir reçu de M. Séraphin Cocarel, etc. la somme de 20 000 livres et cætera, et cætera… »
Il signa, parapha, frappa sur cire, à côté de son paraphe, un cachet royal, plia la feuille, la ferma et la scella avec le propre cachet de Cocarel que celui-ci portait suspendu à la large chaîne de sa montre.
— Vous daignerez m’accompagner jusqu’au seuil de cet hôtel, monsieur ; et là — (donnant-donnant) — en échange de vos sacs d’écus, je vous livrerai mon reçu.
— Tout cela témoigne, dit Cocarel avec humeur, d’une certaine méfiance.
— Je vous ai déjà fait observer, répliqua Gaspard, qu’entre gredins cette méfiance est bien naturelle.
Il mit le papier dans sa poche ; et les deux complices rentrèrent dans les salons.
A peine Gaspard y parut-il, que Marin en personne annonça d’une voix solennelle : Monsieur le marquis de Paulac est servi.
Au même instant, le faux secrétaire, Bernard, venait présenter à ce M. de Paulac une missive de forme imposante. L’ayant ouverte aussitôt, Gaspard s’écria d’un ton de surprise mécontente :
— En vérité, messieurs, c’est jouer de malheur ! Que d’excuses et de regrets, mesdames ! L’avis qu’on me donne, par les présentes, doit rester secret, mais non pas l’ordre qui s’ensuit et qui est de me rendre sur l’heure à Marseille !