Le faux Paulac revint parler au faux majordome.

CHAPITRE XXIII

Comme quoi M. de Paulac, tout représentant qu’il fût de M. le lieutenant de la police royale, n’hésita pas à recevoir, de Séraphin Cocarel, une somme fort honorable, en échange d’un service qui ne l’était pas.

— Ami Sanplan, reste quelques minutes dans cette galerie ; quand tu me verras quitter mes appartements et rentrer dans les salons, fais seller aussitôt ou selle toi-même nos trois chevaux, et reviens m’apporter ostensiblement la lettre que je t’ai donnée d’avance, pour leur jouer la scène finale de notre comédie. Est-ce compris ?… Tu as la lettre ?

— C’est compris, et j’ai la lettre.

— Bien et sois adroit. Préviens Bernard. Nous quitterons ces lieux dans un quart d’heure, — et au galop !

Là-dessus, il rejoignit dans sa chambre le Cocarel.

— Monsieur, lui dit Cocarel, le maître de cette maison était homme à comprendre la situation d’un joueur qui a perdu sur parole. La somme est prête. La voici, dans ce secrétaire, divisée en plusieurs parts, bien enveloppées chacune, pour votre commodité. Il y a vingt mille livres.

— Je viens de donner des ordres à mon majordome, monsieur, afin d’avoir un prétexte à quitter sur l’heure cette maison. J’entends mettre sans délai en lieu sûr cette petite fortune tombée du ciel ou plutôt venue du diable. Vous voudrez bien nous aider, je vous prie, à la transporter dans les fontes de nos chevaux, puisque tout ceci doit rester secret. Je vais vous donner des reçus.

Il s’assit devant le secrétaire, et il écrivit quelques lignes.