— Ce diable d’homme a bien du talent, murmura M. Marin à ses voisins ; on ne saurait être plus clair !

Gaspard reprit :

— M. le juge Cocarel est là ?… Je le reconnais.

— Je suis là, fit une voix.

— J’espérais que votre fils vous aurait accompagné, monsieur. C’est lui le principal accusé ; lui, le meurtrier de Teisseire ; lui qui fut l’organisateur d’un tribunal pour rire, qui a fini par être un tribunal de deuil, ce qui nous autorise à être, ce soir, à notre tour, un tribunal de rire et de mort. Messieurs, voulant respecter autant que possible les formes qui vous sont chères, nous avons désigné un avocat qui, d’office, en l’absence de l’accusé, le défendra, comme il se doit.

A ce moment, un coup de feu retentit assez proche, et aussitôt un homme accourut :

— Des deux officiers de dragons que nous avions faits prisonniers, le plus jeune vient de se brûler la cervelle.

— Debout, messieurs ! commanda rudement Gaspard.

Tous se levèrent, dominés.

— Découvrez-vous, messieurs ! dit Gaspard, se découvrant lui-même ; c’est pour vous que meurt cet homme ; et c’est là encore une conséquence du crime des Cocarel.