Des marchands, qui avaient cru pouvoir ouvrir leurs boutiques, en étaient blâmés, et les refermaient en hâte, comme aux jours de grand deuil public.

A toutes les fenêtres se penchaient des groupes de femmes troublées, curieuses et jacassantes. Les balcons du Cours étaient surchargés de belles dames et de beaux seigneurs. Dans toutes les rues, les paysans étaient nombreux, mêlés aux « messiés », tous en quête d’un mot concernant le seul Gaspard ; chacun contant une aventure de sa vie coupable… mais généreuse ; on se répétait l’histoire de sa capture, chacun l’embellissant à sa manière, tous unis seulement dans la tristesse de cette fin sur l’échafaud. « … Il était si bon, si brave ! Il n’aimait pas les mauvais juges, voilà tout ! »

— S’il veut qu’on le fasse échapper, lorsqu’il sortira de la prison, il n’a qu’un mot à dire. Nous l’aiderons tous !

— Croyez-vous ?

— Tout le monde est pour lui. Vous voyez bien que c’est un deuil public.

— J’ai reconnu, sous un costume d’archer, son lieutenant Sanplan.

— Pas possible !

— Il n’est pas là pour rien.

Les étudiants n’étaient pas les moins curieux, les moins attristés, les moins remuants ;… les moins prêts à un coup de main.

— On ne l’a pas pris ; il s’est rendu ; mais pas sans conditions.