La fin de la grande galégeade et les prodromes de la Révolution française.

Les promesses de M. Marin avaient été tenues. On pensa que la recherche des bandits serait un acte de maladroite politique ; on les laissa se disperser. Pourtant, sur la révélation d’un bandit, qui avait à se plaindre des deux grands associés secrets de Gaspard, les nommés Jacques Bouilly, de Vidauban, et Joseph Augias, de la Valette, ces deux hommes furent pris, détenus avec Gaspard dans les prisons royaux et condamnés comme lui au supplice de la roue[22].

[22] Le supplice de la roue fut aboli, selon le vœu de Gaspard, par un décret du roi Louis XVI, en date du 1er décembre 1789. Trop tard ! Le dernier roué le fut illégalement, son exécution ayant eu lieu sept mois après l’abolition du supplice de la roue.


Le jour arriva où, au chagrin du peuple, la sentence devait être exécutée.


Véritables fourmilières, les rues et les places de la bonne ville d’Aix, apparaissaient toutes grouillantes de peuple.

Gaspard devait être exécuté ce jour-là. L’échafaud de la place des Prêcheurs avait été transféré à la Porte de la Plate-Forme.

La foule, devant la placette sur laquelle s’ouvrait la porte des prisons, était particulièrement houleuse, plus calme ailleurs, partout attristée.

Depuis le procès de la Cadière, c’est-à-dire depuis un demi-siècle, ces rues et ces places n’avaient pas revu pareille affluence de peuple, paysans et bourgeois, bourgeoises et « répétières ».