Restés seuls, les deux hommes s’en racontèrent de salées ; puis, de plus en plus animés, ils chantèrent chacun la sienne. En bas, derrière sa porte ferrée, Gaspard se réjouissait, comprenant que son aumônier était en train de corrompre son geôlier.

Saint homme, disait Castagne, ma cervelle s’embrouille, par la faute de ce vin qui n’a pas son pareil, et je ne retrouve plus un seul couplet des chansons de gaillard d’avant — que j’aime à chanter.

— Je vous en chanterai qui sont du gaillard d’arrière, répondait Pablo. Écoutez-moi, par exemple, celle-ci. Je la tiens d’un baron normand qui gardait les vaches d’un vacher breton.

— Il faut, dit Castagne, que ma cervelle soit joliment embrouillée, car je ne puis comprendre ceci. Il me semble que les mots que vous prononcez jouent aux quatre coins, et que les uns prennent la place qui conviendrait aux autres.

Mais déjà Pablo, à pleine gorge, chantait :

J’avions une grande vaque

Qu’avait le musiau blanc ;

All’ se n’est allaie paître

Dans le pré à Durand…

Qu’all’ a d’ l’entendement,